Les propos d’Azouz Begag chez Robert Ménard sont indignes - Par Bonapartine.

Publié le 2 Juin 2011

Les propos d’Azouz Begag chez Robert Ménard sont indignes d’un ancien ministre de la République !

 

Le 25 mai 2011, dans l’émission « Ménard sans interdit », Robert Ménard recevait Azouz Begag, ancien ministre du gouvernement de Dominique de Villepin.

 

Je pensais naïvement qu’élection après élection, la progression constante du nombre de voix obtenues dans les urnes par le Front National depuis 1998, encore récemment confirmée par les dernières élections régionales, avait tout de même fait réfléchir un certain nombre d’élus, ministres ou anciens ministres. Mais apparemment, Monsieur Begag compte parmi ceux qui n’ont pas jugé utile et surtout urgent de s’interroger une seule seconde sur le sujet en se demandant simplement : « Est-ce que nous ne faisons pas fausse route en matière de politique d’immigration ? Est-ce que, d’une manière plus générale, notre ligne politique ne s’est pas éloignée des principes fondamentaux inscrits dans la Constitution du 04 octobre 1958 ? »

A l’inverse, Azouz Begag dont les propos, pour moi qui ai tellement de sangs mêlés, européens et bien au-delà, m’ont profondément choquée et, je n’en doute pas, auront probablement heurté nombre d’auditeurs présents ce jour-là devant leur poste de télévision, persiste à valider un discours, à mon sens, plus proche des exigences communautaristes toutes plus contraires les unes que les autres à l’esprit progressiste du Siècle des Lumières, plutôt que la défense de la communauté nationale fondée sur un socle de valeurs et de principes républicains communs imprescriptibles et qui s’imposent à tous, quelles que soient votre appartenance ethnique, votre couleur de peau, votre religion ou pas si vous n’en avez pas ou ne croyez pas, votre origine sociale, vos opinions philosophiques et/ou politiques.

 

Alors, en ce 25 mai 2011, Robert Ménard cite, dans un premier temps, les propos de Claude Guéant, actuel Ministre de l’Intérieur et des Cultes : « "Contrairement à ce qu’on dit, l’intégration ne va pas si bien que ça. Le quart des étrangers qui ne sont pas d’origine européenne sont au chômage. Les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés", c’est vrai ou c’est faux ? »

La première réaction de Monsieur Begag consiste à ne pas répondre à la question posée : « C’est surtout abject. » Robert Ménard insiste : « C’est vrai ou c’est faux ? ». Et là Monsieur Begag nous livre une réponse véritablement surréaliste : « C’est impossible de le déterminer statistiquement. Qu’est-ce que ça veut dire "enfants d’immigrés" ? Enfants d’immigrés polonais, italiens, portugais, arabes, musulmans ? »

Tout d’abord, il y a tout de même déjà quelques décennies maintenant que la France n’est plus confrontée à une immigration « polonaise, italienne, portugaise ». D’autre part, je ne crois pas que l’immigration « polonaise, italienne, portugaise », dans l’hypothèse où elle serait encore d’actualité aujourd’hui en France, s’inscrirait dans le cadre de                 "l’immigration non européenne" dont parle Monsieur Guéant. Que je sache, en effet, et à preuve du contraire, la Pologne, l’Italie et le Portugal font encore partie de l’Europe, non ? Enfin, j’avoue avoir été stupéfaite de constater que Monsieur Begag dont le niveau d’instruction devrait pourtant lui permettre de ne pas commettre ce genre d’impair, confond néanmoins allègrement l’ethnie et la religion, mentionnant plusieurs peuples avant de ne citer qu’une seule religion, "la religion musulmane" comme si celle-ci était la seule religion reconnue officiellement en France ! Or, être Arabe est une chose mais il n’en demeure pas moins que tous les Arabes ne sont pas des musulmans. De plus, je rappelle que l’Europe a toujours compté en son sein des ethnies de religion musulmane. Il n’est donc pas nécessaire de se tourner vers les pays arabes pour y rencontrer des populations de religion musulmane. Autre précision : certains peuples, actuellement de religion musulmane, ne sont pas non plus forcément des Arabes comme nous le démontre l’exemple des Iraniens qui sont des Perses (et les Turcs. Note de Gérard Brazon) qui ne sont pas non plus des sémites. Sur ce dernier point, je m’étonne d’ailleurs qu’une fois les frontières de l’Europe dépassées, Monsieur Begag n’ait pensé qu’à se référer aux Arabes sans jamais, un seul instant, se référer à l’immigration iranienne (ou Turc voire, Pakistanaise Note de Gérard Brazon) en France. Il n’y a, en effet, pas que les jeunes musulmans qui, comme l’affirmera plus loin Monsieur Begag, « sont devenus les meilleurs des meilleurs et ne créent pas de perturbations ». Les Iraniens expatriés en France, eux aussi, connaissent parfois des réussites sociales exceptionnelles et ils ne créent pas, dans leur immense majorité, de "perturbations". Sans doute parce qu’ils connaissent mieux que d’autres  le prix de la liberté mais, étrangement, Monsieur Begag ne s’attarde pas sur ce sujet pourtant bien passionnant, n’est-ce pas ? 

Revenons désormais sur le fond de la réponse précitée de Monsieur Begag qui élude, au passage, habilement la question de "l’échec scolaire des enfants d’immigrés". Pour avoir étudié attentivement les résultats des évaluations des élèves de CM2 (DOM TOM compris) effectuées en janvier 2010, j’ai acquis la conviction que l’échec scolaire se situe prioritairement dans les régions pauvres de France, qu’elles soient marquées par une forte immigration ou pas. Sur ce point, j’avoue donc honnêtement avoir une différence d’appréciation avec l’analyse de Claude Guéant. En effet, si certains départements comme la Seine-Saint-Denis ou le Pas-de-Calais obtiennent des résultats parfois faibles ou fragiles, il est vrai aussi que les résultats scolaires des élèves d’un département comme la Creuse sont également préoccupants. Dans le département de la Creuse, en effet, 29% des élèves n’ont pas d’acquis suffisants et/ou atteint les acquis fondamentaux dans le domaine de la maîtrise de la langue française, et 36% n’ont pas les acquis suffisants et/ou atteint les acquis de base fondamentaux en mathématiques. Or, à ma connaissance, la Creuse n’est pas un département marqué par une forte immigration venue d’Afrique du Nord ou d’Afrique subsaharienne.

Maintenant, une fois ces constats établis, il ne faut pas non plus refuser de voir certaines réalités en face. Voici, par exemple, les résultats des évaluations des élèves de C.M.2 vivant à Mayotte en janvier 2010 :

 

1/Résultats obtenus aux évaluations de Français (sur 60 questions) :

6% des élèves ont plus de 40 bonnes réponses

10% des élèves ont entre 29 et 39 bonnes réponses

20% des élèves ont entre 17 et 28 bonnes réponses

64% des élèves ont moins de 17 bonnes réponses

 

2/ Résultats obtenus aux évaluations de Mathématiques (sur 40 questions) :

7% des élèves ont plus de 24 bonnes réponses

16% des élèves ont entre 16 et 23 bonnes réponses

21% des élèves ont entre 10 et 15 bonnes réponses

56% des élèves ont moins de 10 bonnes réponses   »

Pourquoi refuser de voir cette réalité ? Pourquoi refuser de s’interroger sur ces résultats désastreux quand on sait que "l’Ile aux parfums" est, depuis des années, le théâtre d’une immigration clandestine massive ? La situation était devenue du reste tellement explosive qu’en son temps, dans un entretien accordé au Figaro Magazine du 17.12.05, François Baroin, alors ministre de l’Outre-mer, se déclarait prêt à remettre en cause le droit du sol et n’hésitait pas, de fait, à déclarer : « A Mayotte, j’étudie la possibilité de limiter à un délai d’un an après la naissance de l’enfant la période pendant laquelle un Français peut reconnaître un enfant naturel dont la mère est étrangère. On peut également envisager de modifier temporairement certaines règles relatives à l’acquisition de la nationalité française à Mayotte. Par exemple, poser la règle de régularité du séjour des parents comme condition pour l’accès ultérieur des enfants à la nationalité française. »

Désormais, ces mesures proposées ne sont plus d’actualité puisque, comme chacun le sait, l’Ile de Mayotte est devenue un département français à part entière. C’est donc ces questions de fond que Monsieur Begag aurait dû avoir le courage de soulever plutôt que de qualifier, sans le dire franchement, de "racistes" les propos de Monsieur Guéant.

Mais avançons dans le débat. Non content d’avoir asséné un discours convenu, policé à l’extrême et dont chacun sait qu’il ne risque pas de déplaire aux élites présumées de ce pays, il poursuit, à une remarque faite par Robert Ménard sur les contrôles d’identité réalisés auprès des enfants d’immigrés, en ces termes : « Hélas, depuis trop longtemps, les hommes politiques et surtout ceux qui ont tendance à courir après le Front National, ont fait commerce de la peur et désigné le bouc-émissaire arabe et noir comme celui qu’il faut éliminer et sortir du cadre identitaire, territorial pour retrouver une identité française d’avant ou plutôt chrétienne et remonter à Clovis. Si vous ne produisez pas la peur à la télévision, les gens n’ont pas peur. Si vous leur dites que c’est le voisin d’à côté qui commence à créer des problèmes parce qu’ils nous ont pris notre boulot, regardez, on nous dit "qu’il y a du hallal partout, l’islamisation", les gens ont peur. »

D’emblée, j’encourage fortement Monsieur Begag à se replonger dans l’Histoire de France. A l’entendre en effet, la France chrétienne daterait de Clovis, roi dont le baptême a certes fait de la France la Fille aînée de l’Eglise. Pour autant, le christianisme est apparu en Gaule dès le Ier siècle après Jésus-Christ. La religion chrétienne ne cessera par la suite de progresser en Gaule, certains épisodes tragiques tels que le martyr de l’évêque Pothin à Lyon, celui de Blandine et de tant d’autres coreligionnaires sous Mac-Aurèle en 177 après Jésus-Christ ayant amplement contribué à son expansion.

Cette "mise au point" historique établie, j’avoue avoir été atterrée par le mépris à peine voilé exprimé par Monsieur Begag à l’encontre de la religion chrétienne : « une identité française d’avant ou plutôt chrétienne… » Est-ce donc si pénible que cela pour Azouz Begag de désigner enfin, à voix haute, la religion à laquelle il pensait alors à ce moment de son intervention, à savoir la religion chrétienne ? Mais que  Monsieur Begag l’accepte ou pas, la France a été profondément chrétienne pendant presque vingt siècles et nos campagnes d’avant la Seconde Guerre mondiale témoignaient encore de l’influence qu’avaient sur les âmes des villages les autorités ecclésiastiques locales. Je ne le regrette pas ni m’en félicite. Je fais simplement un constat que nombre de laïcs convaincus reconnaissent volontiers et que  Monsieur Begag aurait dû remémorer avec un peu plus de respect qu’il ne s’y est employé ce 25 mai 2011 ! Sans doute vais-je  ici amicalement égratigner certains rédacteurs de Riposte Laïque mais je persiste à croire que la religion chrétienne renferme en son sein une force vive et des valeurs d’humanisme qui constituent autant de repères dont nombre de nos jeunes auraient besoin de nos jours. Et c’est à ce titre que les propos de Monsieur Begag, lorsqu’il enchaîne par un « Si vous ne produisez pas la peur .. », laissant insidieusement entendre qu’il existerait un lien étroit entre "la peur des autres" et l’identité chrétienne, sont inacceptables. Or, c’est n’avoir rien compris à la lecture des Evangiles que d’imaginer un lien aussi odieux !

Enfin, décidément très sûr et sans doute d’ailleurs un peu trop sûr de lui, Monsieur Begag nous balance en pleine figure : « Si vous ne produisez pas la peur à la télévision, les gens n’ont pas peur. Si vous leur dites que c’est le voisin d’à côté qui commence à créer des problèmes parce qu’ils nous ont pris notre boulot, regardez, on nous dit "qu’il y a du hallal partout, l’islamisation", les gens ont peur. » 

Je ne sais pas si Monsieur Begag pourrait tenir le même discours devant toutes ces jeunes filles et jeunes ou moins jeunes femmes qui vivent dans la peur du « quand dira-t-on » du grand frère, se battent pour se libérer des pressions communautaristes insupportables et contraires à l’esprit de notre république, sans parler de celles qui subissent encore les violences les plus immondes. Allez donc, Monsieur Begag, dire à toutes ces femmes que "la peur vient de ce que la télévision française essaie de leur faire croire", un peu comme si elles inventaient ce qu’elles vivent chaque jour de leur vie, et nous verrons qi vous recevrez un accueil aussi douillet que celui que vous a réservé Robert Ménard le 25.05.11! Car enfin, de qui se moque Monsieur Begag qui, je me permets de lui rafraîchir la mémoire, avait  déclaré, le 07.09.05 sur Europe 1 devant Jean-Pierre Elkabbach et au sujet de la polygamie : « En tout cas, pour ceux qui sont là, les Maliens qui sont là depuis 30 ou 40 ans, on peut trouver des arrangements avec la République. » ?

Le 19 novembre 2010, Azouz Begag, pas à une dérive près, récidivera en déplorant cette fois-ci le nombre trop important de femmes parmi les ministres issus de la diversité :

« Au sein de la population arabo-musulmane de France, cette féminisation exclusive de l’intégration des minorités passe mal. Elle a un goût amer de provocation. Elle symbolise aux yeux de beaucoup une émasculation, une volonté de créer une image qui vous paralyse, qui vous fait honte de ce que vous êtes, tellement elle est mauvaise (…). Cette féminisation de l’élite politique issue de la diversité a accru le sentiment d’éviction des jeunes Arabes, alors que depuis trois décennies, ce sont eux qui subissent la plus grosse charge des vexations, des humiliations et des violences sociales et économiques. » [Article signé d’Azouz Begag, paru dans la rubrique Débats su Monde du 19.11.10, sous le titre « Remaniements : les femmes, seule incarnation de la diversité. » ]

Alors, qui, en l’occurrence, témoigne d’intolérance, de sectarisme, de sexisme ? L’"horrible" identité chrétienne ou Monsieur Begag ?

Hélas, n’en déplaise à Monsieur Begag et que l’on soit d’accord  ou pas entièrement, voire pas du tout pour certains avec les propos de Claude Guéant, ce dernier a néanmoins rappelé certaines vérités que la droite a eu tort d'occulter depuis trente ans car, si aujourd'hui, le Front National est en réalité à bien plus de 20% d'intentions de vote, elle en est en partie responsable. Quant à la gauche française, en matière de responsabilité dans la progression du Front National en France, il faut bien reconnaître qu’elle n’est pas en reste non plus !

 

Bonapartine.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Bonapartine

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richa83 03/06/2011 10:12



""""


certains peuples, actuellement de religion musulmane, ne sont pas non plus forcément des Arabes
comme nous le démontre l’exemple des Iraniens qui sont des Perses (et les Turcs. Note de Gérard Brazon)


"""""


 


 


et l'Indonésie ??? ( premier pays musulman du monde il me semble )



island girl 02/06/2011 23:24



Azouz  encore un pseudo français qui je l'apprend a été ministre de notre pays à croire que Villepin est un débile pour avoir nommer cet urluberlu islamiste!



Nancy VERDIER 02/06/2011 21:14



Un excellent Français ce Monsieur Azouz Begag. Bien que né en France et ayant reçu Bourses et aides  d'études et par la suite une ascension sociale - à mon sens indue - jusqu'à l'âge de 27
ans, il lui tardera de rentrer en Algérie pour y vivre.


EXTRAITS de WIKIPEDIA : "Il renouvelle son choix de la nationalité algérienne en 1986.  Cependant il retourne en Algérie seulement en 2002, pour y enterrer son père. En 1987, il demande la nationalité
française qu'il obtient en 1989......
Dans les années 1990, il parle lors d'un discours de son identité: « J’aimerais bien être marié à plusieurs femmes, cela me plaît. Je dis cela pour dire qu’il y
a un Arabe très traditionnel, très macho et dur, qui existe en moi. Il ne demande qu’à se réveiller. Tous les jours il frappe à ma porte pour sortir, pour s’exprimer. Mais je suis intelligent,
cultivé, né à Lyon et je me suis frotté à la société française depuis plusieurs dizaines d’années, je lui dis : “Reste où tu es. ......Agnostique, il respecte néanmoins le Ramadan.......En décembre 2009, Azouz Begag indique: « Dans 10 ans, on sera entourés de Chinois, alors il faudra que l’on se
serre les coudes, les Français, les Arabes et les Africains, afin de protéger notre identité »...."Le 2 mars 2010, en
visite à La Courneuve, chez le boucher, Begag fait mine en souriant de poser devant l’inscription “boucherie halal” écrite en arabe. Au commerçant, il explique se battre “contre ces gens qui
veulent faire croire que le problème en France, ce sont les minarets, la burqa, les burgers halal et pas l’emploi“ » ......"Le 31 octobre 2010, Azouz Begag considère que l'«une des meilleurs idées, consciemment et sérieusement, dans la nouvelle génération d'immigrants est de leur
donner une conscience politique, de les pousser à s'engager dans les questions actuelles, de défendre leurs chances au sein du parlement, puis de faire passer les projets qui serviront l'Algérie»



Je me demande pourquoi Ménard l'invite encore à ses émissions, pour entendre tant d'insanités....peut-être pour qu'on ne se fasse pas
trop d'illusions sur cet individu et ses semblables?????.