En Bourse, les sociétés pétrolières vont profiter des tensions dans le monde arabe"

Publié le 31 Mars 2011

            Si vous, chers lecteurs, vous avez des soucis pour remplir votre réservoir d'essence, si vous trouvez que cela coûte de plus en plus cher de prendre sa voiture, que vous avez l'impression que tout le monde n'est pas logé à la même enseigne, et bien je vous le dis trés tranquillement: vous avez raison.

         Ah moins d'être Ministre et le premier d'entre eux qui lui s'autorise à prendre un avion et  de dépenser 25 000€ uniquement pour passer les week-ends chez lui, nous sommes et restons les cochons de payants. L'ultime rouage qui n'a pas de chauffeurs, de frais généraux, de remises. Nous, c'est plein pôt que l'on paye la facture à la pompe. Pendant ce temps, l'argent jailli en continu comme le pétrole d'un derrick mais il n'est pas pour nous. Même pas une goutte.

Gérard Brazon

 

"En Bourse, les sociétés pétrolières vont profiter des tensions dans le monde arabe" © DR

Catastrophe nucléaire au Japon, guerre en Libye... le thème de la sécurité devrait revenir à la mode en Bourse. Pour en profiter, Emmanuel Morano, gérant du fonds LFP Trend Prevention, mise sur les secteurs de la défense ou des logiciels antivirus, et privilégie actuellement les sociétés pétrolières, qui devraient bénéficier des tensions géopolitiques actuelles.

Capital.fr : La sécurité est un thème plutôt large... comment tentez-vous de surfer sur cette tendance ? 
Emmanuel Morano : Nous essayons de repérer les sociétés profitant des tensions géopolitiques mondiales. C'est particulièrement vrai pour le marché des matières premières, qui est en déséquilibre permanent. On a notamment pu le constater avec les tensions au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, qui ont fait bondir les cours du baril d'or noir au-dessus de 100 dollars. Nous cherchons donc à en bénéficier en ciblant des titres de sociétés sensibles à cette évolution des prix, avec des acteurs en amont de la chaîne de production, comme Apache et Lundin Petroleum, spécialisés dans l'exploration pétrolière.

Capital.fr : Vous jouez donc essentiellement la flambée des prix des matières premières ? 
Emmanuel Morano : Pas uniquement. Nous investissons aussi dans des secteurs plus classiques de la sécurité : la protection des sociétés et des personnes (gardiennage...), des territoires (défense...) et des données numériques (logiciels antivirus...). Avec la multiplication des attaques informatiques et le risque d'attentat terroriste, ces thèmes ont eux aussi le vent en poupe. Mais nous y consacrons une plus petite partie de notre portefeuille (45% actuellement) car les fondamentaux de ces marchés sont moins solides que les matières premières, où la baisse de l'offre et la hausse de la demande engendrent une pression constante sur les prix.

Capital.fr : Après le désastre japonais, la sécurité des sites nucléaires devrait être renforcée. Peut-on profiter de ce mouvement en Bourse ? 
Emmanuel Morano : Malheureusement, il existe très peu de moyens de jouer ce thème, car le nombre d'acteurs est très limité. Les sociétés fournissant les équipements de sécurité sont généralement celles qui bâtissent les centrales, comme Areva. Et ce sont essentiellement des entreprises gouvernementales qui contrôlent l'état des réacteurs. Par contre, nous devrions profiter de la disgrâce de l'énergie atomique dans les années futures, notamment grâce à nos positions sur des exploitants de charbon vapeur.

Capital.fr : Votre fonds a moins rebondi que la moyenne lors des deux dernières années... ce thème est-il vraiment porteur ? 
Emmanuel Morano : Nous avons été affectés par le caractère défensif du portefeuille. Les valeurs sur lesquelles nous investissons sont souvent moins corrélées à la conjoncture, et n'ont donc pas profité pleinement du redémarrage de l'économie. Mais ce thème reste porteur. Les sociétés que nous ciblons affichent des croissances solides et sont donc récompensées par les investisseurs sur le long terme. Au 21 mars, le fonds gagnait 40% depuis sa création en 2002, contre une hausse de 5% de l'indice MSCI World, dividendes réinvestis.

Capital.fr : Comment avez-vous abordé 2011 ? 
Emmanuel Morano : Avant même les troubles dans les pays arabes, nous avions renforcé nos positions sur les entreprises pétrolières. Les valorisations du secteur restent en effet très attractives. Par exemple, l'une de nos principales lignes, le groupe américain Occidental Petroleum, s'échange contre seulement 9,2 fois ses bénéfices attendus cette année, alors que ses résultats devraient bondir de 15%. La récente flambée des prix ne leur sera que plus favorable. Nous avons aussi augmenté nos investissements dans les valeurs technologiques, qui devraient confirmer leur retour en grâce cette année, toujours portées par une forte demande. Nous ciblons ainsi des acteurs comme Checkpoint Software, un spécialiste de la sécurité réseau, ou EMC dans le stockage de données.

Propos recueillis par Thomas Le Bars

© Capital.fr 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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