Laurence Havel de l'Institut pour la Justice nous dit la réalité de notre situation, trop loin du débat d'hier.

Publié le 4 Mai 2017

Par Laurence Havel de l'Institut pour la Justice

Notre pays se paie un luxe dont il n’a pas les moyens: avoir le débat présidentiel le plus nul de toute la Vème République. Les propos sont ceux de Bruno Jeudy, éditorialiste sur BFM TV. 
D’autres phrases reviennent : “les deux candidats n’ont pas été à la hauteur des enjeux”... “ce n’est pas du niveau présidentiel”... “il n’y a pas eu de débat”.

Pourtant, les sujets ne manquaient pas. Les clivages non plus.  Quand peut-on s’offrir un tel luxe ? Quand il n’y a pas de problèmes. Circulez, il n’y a rien à voir. Tout va bien en France. Sauf que pendant ce temps, il se passe des choses en France. Il y a de vrais sujets qui nécessitent de vraies réponses. Oui, mais à l’écart de la classe politique. Loin des tours d’ivoire “républicaines”. Comme vous allez le voir, les réponses à apporter pourtant existent et nous les défendons depuis dix ans.

Le premier mai, exutoire de l’ultragauche ?
2 policiers grièvement blessés à Paris. Voilà le bilan de la “fête” du 1er mai à Paris. Un accident ? Pas du tout. L’habituelle complaisance envers les casseurs, pourvu qu’ils soient d’extrême-gauche, a passé sous silence le mot adéquat. S’attaquer à la police avec des cocktails Molotov n’est ni un passe-temps, ni une crise d’adolescence.
C’est un acte criminel.

Sur BFM TV, Régis Debord, délégué UNSA Police, a parlé de “tueurs de flics”. Un autre policier racontait également: “À chaque fonctionnaire brûlé, ils explosaient de joie.” Qui explosait de joie ? Des militants de l’ultra-gauche, s’attaquant à la police. Certains étaient venus avec leur propre sac de pierres, pour lapider les forces de l’ordre. Quelle est la réaction du préfet de Police ? Le silence, comme à son habitude.
Notre solution: permettre aux forces de l’ordre de riposter. On ne peut pas les mettre en danger impunément. Attaquées, elles doivent avoir le droit de riposter, sans ménagement.

Prochainement: Monopoly édition Salafiste
Le célèbre jeu de société Monopoly a ses éditions nationales; ses éditions à thèmes: Football, Films, Séries, etc.  On pourrait imaginer que le fabricant sorte bientôt une édition pour narrer l’expansion salafiste en France. 
Car des salafistes sont infiltrés dans les quartiers dit pudiquement “sensibles” d’Ile-de-France. Jusque là, rien de nouveau.Par contre, qu’ils emploient de “véritables méthodes et stratégies locales”, c’est nouveau. Qu’ils s’emparent du pouvoir économique et social aussi.
Ce sont les propos de la Direction Centrale de la Sécurité Publique. Dans un rapport rendu le 7 avril dernier, ils dénoncent la situation. Les commerces qui subissent des pressions. Les biens rachetés à vil prix. Que fait l’Etat ? Rien. Il n’y a rien à voir, circulez.
Notre solution: combattre l’islamisme radical et son implantation politique en France. Comment? En reprenant enfin le contrôle des zones de non-droit, en contrôlant rigoureusement le financement des associations dites cultuelles, en dissolvant sans faiblesse les associations prêchant l’extrémisme. Cesser d’être dans la petite phrase ou dans la peur de stigmatiser une religion. Car cette peur de ne pas séparer l’honnête citoyen du voyou est une stigmatisation de l’honnête citoyen ! 
L’occupation illégale de la prison de Fresnes
Personne ne parle de ces indésirables qui occupent les cellules des prisonniers. Pourtant, rien ne les arrête. Les portes ont beau être fermées, ces indésirables deviennent sans cesse plus nombreux. Je vous parle des rats et des punaises de lit. Car la France critique abondamment les prisons russes… mais en oublie les siennes. Et elles ne sont pas reluisantes. Vous le savez. Ce n’est pas nouveau. En 1875, fut votée une loi exigeant qu’il n’y ait qu’un prisonnier par cellule… et bien nous sommes loin du compte. Certaines prisons ont un taux d’occupation de 201%. Cela veut dire qu’il y a PLUS DU DOUBLE de détenus que de places prévues. La justice vient de condamner l’administration de la prison de Fresnes à se débarrasser des indésirables sous 3 mois. Qui en parle dans le débat présidentiel ? Personne ?

Notre solution: Construire de toute urgence 24 000 places de prison. Généraliser le travail en prison. Et redonner aux personnels pénitentiaires les moyens de faire régner une véritable discipline en prison. Car la multiplication des rats et des nuisibles est aussi imputable aux prisonniers eux-mêmes, qui jettent leurs ordures par les fenêtres et refusent de nettoyer leurs cellules. Des mesures simples pour que les 100 000 peines en attente soient exécutées… et que les délinquants soient remis sur le droit chemin.
L’Etat enfin condamné dans l’affaire Agnès Marin
Comment se fait-il que ce sujet ait été ignoré ? Agnès Marin. Ce nom rappelle une affaire effroyable. Celle d’une collégienne de 13 ans violée et tuée en 2011 par un jeune du même lycée. 
Ce dernier n’en était pas à son premier crime. 16 mois plus tôt, il avait bâillonné, violé, s’apprêtant très probablement à aller plus loin, une autre adolescente. Mais que voulez-vous: une indigente expertise psychiatrique dit qu’il n’était pas dangereux.
L’Etat a été condamné pour faute lourde. Parce que les problèmes de procédure se sont empilés les uns aux autres. Les dirigeants de l’établissement scolaire, peu regardants par manque de finances, n’avaient pas tout à fait compris qu’ils accueillaient alors un violeur.
Ils n’ont pas informé la personne chargée de son contrôle du fait que Matthieu avait introduit alcool fort et magazines porno au sein du lycée. Quelle place a eu cette affaire, pourtant emblématique, dans le débat présidentiel ? Aucune.

Notre solution: revoir les modes d’expertise de dangerosité et renforcer considérablement la capacité de suivi des individus dangereux (est-il normal de laisser un violeur présumé sans surveillance dans un pensionnat mixte réputé pour son encadrement particulièrement permissif?) 
Les années Taubira enfin reconnues comme catastrophe.
Christiane Taubira a été un véritable ouragan pour la justice française. Pan par pan, elle a contribué au pourrissement du système judiciaire.Une commission vient de reconnaître l’état lamentable de notre justice.

 Il s’agit de la commission Bas. Elle rappelle des évidences:
 
 Il faut augmenter le budget de la justice, un des plus faibles d’Europe. +5% par an sur 5 ans.
 
 Il faut atteindre 80% de détenus en cellules individuelles. Rappelez-vous la loi de 1875.

Il faut dématérialiser certaines procédures judiciaires, pour les simplifier.Tous ces sujets sont éminemment sérieux.Pourtant, les avez-vous entendu évoqués durant le débat d’hier soir ? Moi pas. Je vous invite une dernière fois à revoir notre comparatif des programmes des deux candidats. 
C'est sur notre site 
2017pourlajustice.frMais je ne me fais guère d’illusion: l’Institut pour la Justice va avoir fort à faire durant le prochain quinquennat.
Laurence Havel 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Commenter cet article

jean-luc 05/05/2017 21:26

"L’Institut pour la Justice va avoir fort à faire durant le prochain quinquennat." Oui, si c'est ce pourri de Macron qui est élu président. On aurait aimé en savoir un peu plus sur son patrimoine qui a fondu bizarrement comme neige au soleil.